Mettez-vous les pieds dans les plats dès que vous ouvrez la bouche ?

Avant de lire cet article, je vous encourage à visionner les vidéos suivantes. Elles sont en anglais mais vous n'avez pas vraiment besoin de comprendre l'anglais pour comprendre ce qui s'y passe. La première est une entrevue avec Caroline Kennedy. La suivante est similaire, mais avec un léger changement. Vous n'avez pas besoin de la regarder au complet, les trente premières secondes suffisent :

http://www.youtube.com/watch?v=W85XJADEHxU

http://www.youtube.com/watch?v=zAgI4AS1NVg

Le lien suivant est un extrait humoristique de 60 secondes, tiré de l'émission « The Late Show With David Letterman » où l'on se moque de Barack Obama :

http://www.youtube.com/watch?v=ThEAO0lt4Dw

Finalement une entrevue de Jay Leno avec Barack Obama. Quand vous la regardez, pensez à la vidéo précédente :

http://www.youtube.com/watch?v=EpfzE3eMkJw

Alors, quel est le message ?

Ben, euh, c'est genre que peu importe qui vous êtes, c'est comme, vous pouvez noyer votre propos avec des béquilles.

Qu'est-ce que cela veut dire ?

Caroline Kennedy, Barack Obama ainsi que plusieurs autres personnes, célèbres ou non, comptent sur des « béquilles » dans leur langage courant. Une béquille est un mot (ou des mots) qui n'est présent que pour remplir le silence mais qui n'a aucun lien avec le message véhiculé. Des mots tels que « comme », « genre », « euh », « donc », « vous savez » sont des exemples communs de béquilles.

Que vous soyez en train de livrer un discours, en entrevue ou simplement en train de discuter, les béquilles prendront le dessus sur vos propos si elles sont trop présentes.

Dans le cas de Kennedy et Obama, ces béquilles sont tellement prévalentes que de les compter est devenu un jeu. Résultat ? Le message est dilué et l'on attire l'attention là ou il ne le faut pas : les problèmes d'élocution au lieu du sérieux de leur propos.

Lorsque vous faites la même chose dans un discours, cela irrite l'auditoire. Lorsque vous le faites dans une conversation, cela irrite votre interlocutrice et donne l'impression que vous êtes indécis. Poussé à l'extrême, les gens peuvent même en venir à la conclusion que vous mentez !

Peu importe le résultat, les béquilles ne sont jamais des outils utiles lorsque vous parlez. Si vous avez ce problème, comment pouvez-vous l'éliminer ?

  • Portez-y attention : écoutez-vous attentivement lorsque vous conversez en personne ou au téléphone, ou encore lorsque vous livrez un discours. Portez une attention toute spéciale aux mots que vous dites de manière répétitive, soit parce que vous ne savez pas exactement quoi dire ou encore parce que vous le faites par habitude.

  • Éliminez-les: une fois que vous aurez identifié ces béquilles, prenez soin de les éliminer progressivement. Faites-le un mot à la fois ; ne tentez pas de tout corriger d'un coup. C'est plus facile et moins frustrant d'éliminer le mot « comme » de vos habitudes que de tenter d'éliminer « comme », « euh » et « donc » simultanément.

  • Parlez plus lentement: une des principales raisons qui pousse mes clients de coaching à utiliser des béquilles est qu'ils tentent de parler trop rapidement. Ils essaient de remplir le silence et c'est le rôle principal des béquilles. Au contraire, il faut parler un peu plus lentement et délibérément. Si vous ne savez pas quoi dire, gardez le silence pour une seconde ou deux au lieu d'utiliser des béquilles. Si vous utilisez des « euh » sans arrêt dans une conversation, vous paraissez incompétent. Si vous utilisez le silence, vous paraissez brillant.

Les béquilles ne sont jamais une bonne solution quand vous parlez. Si vous les éliminez de votre vocabulaire, vous deviendrez un meilleur communicateur et vous réussirez à faire passer votre message plus clairement et de manière plus efficace.

© Laurent Duperval