Augmentez l'efficacité de vos discours

Rappelez-vous toutes ces histoires que l'on vous racontait dans votre enfance. Presque tout le monde a entendu l'histoire du Petit Chaperon rouge. Quelle en était la morale ? Écoute tes parents ou quelque chose de fâcheux t'arrivera.

Et les Trois Petits Cochons? Travaille fort, ne sois pas paresseux ou quelque chose de fâcheux t'arrivera.

Et ainsi de suite.

Il y a un dicton chez les conférenciers professionnels qui dit ceci: « Aborde un sujet, raconte une histoire ; aborde un autre sujet, raconte une autre histoire. » C'est une approche efficace que vous pouvez adapter à toute circonstance. Les membres de votre public ne retiendront peut-être pas exactement ce que vous aurez dit, mais s'ils retiennent l'histoire, ils auront compris le message.

Raconter une bonne histoire, c'est comme raconter une bonne blague : elle devient meilleure chaque fois que vous la racontez. Alors n'hésitez pas à en raconter à votre famille et à vos amis, afin de les améliorer.

Si vous décidez de raconter une histoire pour faire passer un message, gardez les éléments suivants en tête :

  • Ne soyez pas toujours le héros conquérant : les gens détestent les vantards. Ils cesseront de vous écouter si l'essentiel de votre message dit : « Admirez-moi, manants, car je suis le meilleur! »
  • Une bonne histoire a toujours un conflit : si tout va bien du début à la fin, c'est moche comme histoire. Il doit y avoir un conflit à résoudre, soit avec l'environnement, soit avec les individus, soit avec soi-même.
  • Parlez de vraies personnes : si vous dites « un homme » ou « une femme » votre histoire manquera de piquant. Donnez un nom et un historique à vos personnages. Plus vous pouvez donner de détails pertinents sur vos personnages, plus ils seront attachants aux yeux de votre public.
  • Jouez le jeu : souvent, lorsqu'ils racontent une histoire, les orateurs décrivent ce qui se passe. C'est acceptable pour commencer mais pour vraiment accrocher le public, jouez les rôles de vos personnages. Par exemple, au lieu de dire « Il m'a dit de m'arrêter pour demander des indications, » dites plutôt : « Il m'a regardé et a dit "Chérie, ARRÊTE-TOI ET DEMANDE DES INDICATIONS ! »
  • Ne vous éternisez pas : la plupart des histoires devraient être courtes, soit deux à trois minutes tout au plus. Par contre, vous pouvez raconter une histoire beaucoup plus longue si vous présentez des éléments d'apprentissage tout au long de l'histoire. Par exemple, W Mitchell, un conférencier, raconte comment il a brûlé plus de 50% de son corps et comment il est devenu paralysé par la suite. Il dévoile son histoire peu à peu, utilisant chaque étape pour illustrer un propos différent.
  • Ce n'est pas obligé d'être drôle : l'humour aide mais n'écartez pas une histoire simplement parce qu'elle n'est pas drôle. J'ai déjà entendu un conférencier raconter comment sa femme avait perdu son bébé à la naissance, dans sa cuisine. Ce n'était pas drôle du tout. Mais c'est une histoire dont je me rappelle encore. En fait, vos histoires les plus sérieuses peuvent aussi s'avérer être les plus mémorables pour votre auditoire.

Beaucoup de gens commettent l'erreur de croire que l'auditoire veut plus d'information, plus de données, plus de statistiques. Non, ce n'est pas vrai ! Ce que l'auditoire veut c'est que l'information soit vivante et intéressante. C'est alors qu'il faut raconter des histoires.

Si vous voulez améliorer vos talents oratoires, si vous voulez mieux influencer les gens, si vous voulez avoir un plus grand impact sur votre auditoire, faites comme les conférenciers les plus compétents : racontez plus d'histoires.

Mais surtout, amusez-vous en le faisant !

© Laurent Duperval