Leçons de leadership en voyage de vacances

L'été est finalement arrivé et c'est le temps de se détendre, d'apprécier la température et de s'amuser un peu. Alors dans ce bulletin, je vais essayer quelque chose d'un peu différent. Pour ce faire, je vais vous raconter le début de mon été.

Il y a deux semaines, mon épouse, mes trois enfants et moi sommes partis en vacances avec deux amis et leur bébé. Nous avons loué une maison près d'un lac afin de passer une semaine à apprécier le soleil, l'amitié et l'absence de moustiques. (Oui, dans notre coin du monde, les moustiques sont très embêtants.)

Ça n'a pas commencé sur le bon pied. Nous étions dans deux voitures et nous devions d'abord déterminer quel pont prendre pour quitter l'île de Montréal. Nous avions deux choix : le pont Champlain ou le pont Mercier. Après avoir traversé, nous devions nous rendre sur l'autoroute 10.

Nous prenons habituellement Champlain (qui mène directement à l'autoroute 10) mais le vendredi après-midi, on peut facilement passer une heure dans le trafic. Comme j'étais conducteur dans la voiture de tête, j'ai choisi Mercier qui n'était pas encore congestionné.

Quelque part sur le pont, l'autre voiture nous a dépassés et j'étais maintenant celui qui suivait. Nous utilisons rarement le pont Mercier et je n'étais pas sûr de la direction à prendre. J'ai utilisé mon téléphone cellulaire pour demander aux conducteurs de la voiture de tête s'ils savaient où ils allaient. « Pas vraiment » ont-ils répondu, « mais nous avons une carte. »

« Bien, » j'ai répondu. « Sur votre carte, pouvez vous voir si cette route nous conduira à l'autoroute 10 ? »

« Oui, mais nous devons passer par un petit village et prendre la bonne sortie par la suite sinon nous devrons retourner aux abords du pont Champlain avant de pouvoir prendre la bonne direction. »

J'entendais les explications mais je trouvais que c'était beaucoup trop compliqué. Faites une gauche, prenez à droite, passez par un village, prenez la prochaine sortie… quelque chose clochait. Alors j'ai posé plus de questions : « Es-tu sûr de ce que tu dis ? Regarde la carte, il devrait y avoir une autoroute qui nous mène directement à la 10. Normalement, ce devrait être l'autoroute 30. Si nous continuons tout droit, est-ce que nous atteindrons la 30 ? »

La réponse était embêtante : « Il n'y a aucune autoroute 30 comme tu le dis. Pour l'atteindre, nous devons passer par un village. » Alors j'ai continuer à discuter, même si je ne savais pas trop où j'allais et que je n'avais pas de carte. C'était vraiment le borgne au royaume des aveugles.

À un certain moment, mon ami avec la carte m'a dit : « Veux-tu qu'on arrête pour que tu puisses consulter la carte ? »

Tout compte fait, cela aurait sûrement été la bonne chose à faire. Mais il aurait fallu nous arrêter, ce qui aurait pu réveiller le bébé ; il aurait peut -être voulu manger, et peut-être aurait-il fallu changer la couche et ainsi de suite. Typique d'un homme qui veut atteindre sa destination finale le plus vite possible, j'ai dit : « Non, ça va, je te fais confiance. » Et nous avons raccroché la ligne.

Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonne. C'est la voiture de tête : « OK, nous arrivons à la sortie pour l'autoroute 15. Nous la prenons et un peu plus loin on devrait trouver le chemin vers l'autoroute 10. »

Pendant que je raccrochais, j'ai vu la voiture changer de voie afin de prendre la sortie. Au même moment j'ai vu un panneau qui disait: « Autoroute 15, à droite. Autoroute 30, tout droit ! »

J'ai repris mon téléphone, j'ai rappelé mais avant que la connexion ne soit établie, l'autre auto était déjà sur la rampe de sortie et ne pouvait plus revenir. Zut ! Quand ils ont répondu j'ai dit : « Hé, vous avez pris la mauvaise sortie. Vous auriez dû aller tout droit. Je continue tout droit et rattrapez-nous un peu plus loin. »

Nous avons raccroché mais quelques minutes plus tard, le téléphone a sonné : ils avaient manqué l'autre sortie et devaient prendre le long chemin avant d'atteindre l'autoroute 10. Nous avons décidé de continuer à vitesse réduite afin de donner une chance à la deuxième voiture de nous rattraper. Ils n'ont pas pu le faire, donc nous nous sommes arrêtés à un restaurant qui était proche du chalet et les avons attendus presqu'une heure.

Plus tard, devant un mojito bien froid nous avons discuté de ce qui s'était passé. Nous avons réalisé que la carte qu'ils avaient dans l'autre voiture datait de presque 15 ans ! À cette époque, l'autoroute 30 n'existait pas, il fallait prendre un détour pour joindre la 10.

Malgré un début de vacances un peu précaire, nous avons tous passé de très bonnes vacances. Si l'occasion se présente encore, nous recommencerons.

N'aimez-vous pas les fins heureuses ?

Voici certaines leçons de leadership qui émanent de ce voyage:

  • Le leader connaît la destination : un leader sait où il se dirige. Il connait également le point de départ. C'est ce qui lui permet de créer une carte pour atteindre sa destination.

  • Vous avez besoin d'une carte : Même si vous savez où vous allez, vous avez besoin d'une carte (votre plan) pour vous y arriver. Vous pouvez créer votre carte vous-même ou demander à quelqu'un d'autre de la créer pour vous. Mais vous avez besoin de quelque chose qui vous aidera à atteindre votre but.

  • Mettez à jour votre carte : Nous avions une carte mais elle était si vieille qu'elle devenait un problème. La même chose est vraie quand vous créez un plan pour atteindre votre but : il doit être à jour. Si vous prenez une position de leadership dans votre vie, dans votre compagnie, ou dans la compagnie de votre employeur, vous devez mettre à jour et adapter votre plan pour refléter votre réalité courante.

  • Attention aux signes : Parfois nous devenons tellement fixés sur notre carte, que nous oublions de prendre conscience des signes qui nous entourent. Quand cela se produit, nous courons le risque de nous diriger vers des difficultés, même si les choses ont été très bien planifiées au départ. Dans le cas de mon voyage, quoique notre carte ait été vieille et erronée, il aurait suffit de regarder les panneaux routiers afin de nous mettre dans la bonne direction.

  • La communication face-à-face supplante la technologie : Comme j'ai mentionné dans l'histoire originale, j'aurais pu m'arrêter assez longtemps pour jeter un coup d'oeil à la carte afin de m'assurer que nous nous dirigions dans la bonne direction. Cependant, j'ai plutôt compté sur des explications au téléphone, alors que je conduisais. La technologie est censée nous aider à mieux communiquer mais parfois elle devient nuisible (pensez aux mésententes par courriels). Un bon leader favorisera la communication en face-à-face au lieu de courriels ou de boites vocales. Oui, ce type de communication prend plus de temps et d'efforts mais en général les résultats en valent la peine.

  • Vous ne pouvez pas mener à partir de l'arrière : Si vous connaissez votre destination et que vous savez comment l'atteindre, vous ne pouvez pas mener en poussant des personnes devant vous. Vous devez être devant et inciter les autres à vous suivre. Une des erreurs que j'ai commises lors notre voyage était de rester derrière et d'essayer de dire à l'autre voiture où aller. Au lieu de cela, j'aurais dû prendre la tête et dire « Suivez-moi ! » Un chef efficace a la confiance pour dire aux autres « Suivez-moi, je vous mènerai à bon port. »

  • N'abandonnez pas votre équipe : Un des plus importants aspects du leadership est de ne pas abandonner votre équipe délibérément. En tant que leader, vous faites les meilleurs efforts pour maintenir votre équipe intacte, même si cela demande d'investir plus de temps avec ceux qui ont de la difficulté à suivre. Vous pouvez choisir de les éliminer de votre équipe ; ils peuvent choisir de cesser de vous suivre et de quitter de leur propre chef ; mais un bon leader ne les abandonne pas en chemin.

© Laurent Duperval